Vivre en Espagne

Entretien Expats-Welcome avec Jacques Gaillard

Présentez-nous votre société.
INSERT est un réseau de petites agences immobilières indépendantes ("correspondants"), souvent familiales, qui connaissent parfaitement leur profession et leur région. Chez nous, le client n'est pas un numéro: la plupart du temps il est reçu par le patron, ou parfois (pour des raisons de langue) par un/e collaborateur -trice direct/e de celui-ci. Il s'occupe personnellement du dossier du client de A jusqu'à Z, des premières visites d'appartement ou de maison, jusque chez le notaire, et même après lorsque c'est nécessaire.

Quelles sont vos activités principales ?
Immobilier sur la Costa Blanca et Costa Calida: achat - vente et dans certaines régions, locations de vacances.

Quelle est votre clientèle, touriste, retraité, entreprise ?
Bercy est notre principal apporteur d'affaires (ça me paraît un bon sous-titre, mais c'est juste une suggestion)

La plupart de nos clients sont des actifs qui savent qu'un jour ils seront à la retraite. Un certain nombre d'entre eux exercent une profession libérale et transfèrent leur activité en Espagne. S'agissant de la clientèle française, ce n'est pas un mystère dans la profession que Bercy est notre principal apporteur d'affaires.

En effet, si les principales dipositions fiscales espagnoles sont à peu près les mêmes qu'en France, il y a deux différences fondamentales: d'une part ces dispositions sont beaucoup moins nombreuses, donc plus facile à respecter (et à payer, la charge fiscale globale est moindre qu'en France). D'autre part, en Espagne, le contribuable n'est pas systématiquement considéré comme un fraudeur en puissance. L'ambiance est donc plus détendue, et lorsqu'il a un doute, le contribuable espagnol peut bien entendu s'adresser à un cabinet conseil, mais il n'est pas rare qu'il s'adresse aussi directement à l'administration fiscale.

Disposez-vous d'un service assistance et conseils pour les français qui viennent s'installer dans votre région ?

Pas formellement, mais le correspondant immobilier INSERT pratique l'assistance et le conseil tous les jours: il a lui-même pris un jour la décision de migrer, et connaît les doutes que génèrent cette décision et celle d'acheter une propriété, un investissement important. En outre, à deux exceptions près dans des régions qui intéressent peu la clientèle française, tous nos correspondants parlent français.

Pour des questions plus pointues, nous pouvons présenter à nos clients des avocats ou conseillers juridiques ou fiscaux parlant (plus ou moins) français.

Quelles sont aujourdhui les opportunités du marché immobilier espagnol , pour un retraité qui vient investir et s'y installer ?
L'époque où l'on pouvait se payer une "petite maison blanche au soleil" pour 300 ou 400'000 francs (français) est hélas bien révolue, et il faut s'attendre à devoir faire aujourd'hui un investissement presqu'aussi important qu'en France surtout si on recherche une situation privilégiée (vue sur mer, piscine...).

En fouillant les catalogues immobiliers sur internet, il arrive tout de même qu'apparaisse une "perle rare", mais le candidat à la propriété en Espagne doit alors savoir qu'il n'est sans doute pas le seul à l'avoir repérée, et qu'il va devoir prendre une décision rapide, après visite sur place, évidemment.

Par la suite, l'avantage réside surtout dans un coût de la vie plus bas qu'en France (environ 25%), une fiscalité un peu plus modérée, et une météo plus généreuse.

Quelle fourchette de prix pour investir dans un trois pièces ?
Cela dépend fortement de la région et de l'équipement (ascenseur, place de parc ou de garage), mais en général, pour un appartement ou un pavillon mitoyen de deux chambres à coucher, il faut compter à partir de 140'000 euros, jusqu'à 300'000 ou au-delà. Notez que nous avons actuellement au catalogue un pavilllon mitoyen de 50 m² avec deux chambres, salon-cuisine et salle de bain, dans un lotissement absolument charmant, pour 80'000 euros, mais il s'agit d'une part de co-propriété ne pouvant faire l'objet d'un prêt hypothécaire, d'où un prix plus bas que d'habitude.

Pour une petite maison indépendante de 80 m², on ne trouve pratiquement plus rien en-dessous de 250'000 euros, sauf dans l'arrière-pays, où nous avons quelques objets en-dessous de 200'000 euros.

Combien se loue à l'année un trois pièces dans la région ?
(Le papier qui suit est un peu long, il a été rédigé pour les candidats à la location qui me posent cette question, et dans l'idée de le publier un jour sur http://www.blancasa.com ; si vous le souhaitez vous pouvez abréger la réponse ci-dessous et faire un lien sur blancasa.com; faites-le moi savoir, je vous donnerai l'adresse exacte).

La réponse va vous surprendre, il ne se loue pas. Il n'est pratiquement pas possible de louer à l'année, sauf rares exceptions, relations familiales ou ami particulièrement proche par exemple. Même le versement de l'intégralité du loyer d'une année à l'entrée dans l'objet ne suffira probablement pas à vous ouvrir toutes les portes. Il y a à cela deux raisons:

D'une part, le locataire est hyper-protégé par la loi en Espagne, ce qui est très social d'un côté, mais fait peur aux propriétaires de l'autre; résultat: beaucoup d'appartements (ou villas) qui pourraient être loués restent vides.

J'ai connu le cas d'un "locataire" qui n'a payé en tout et pour tout qu'un mois de loyer, et est resté plus de deux ans dans le pavillon mitoyen qu'il avait "loué" avant que le propriétaire n'obtienne de la justice (à grands frais, surtout du côté de son avocat) une décision exécutoire d'expulsion (la décision de justice est une chose, son caractère exécutoire en est une autre). Furieux d'avoir été "viré" aussi "rapidement", le "locataire" avant son départ, s'est vengé en coupant au ras des murs et plafonds tous les fils électriques. Il a fallu retirer toutes les lignes.

Et encore ce propriétaire a-t-il eu de la "chance", car il n'est pas rare en Espagne qu'une décision de justice tarde huit à dix ans à être prononcée, et que l'exécution de cette décision prenne encore deux ou trois ans de plus.

Inutile de dire que le propriétaire aurait dû entreprendre une nouvelle action pour se voir rembouser de ses frais antérieurs (avocat et électrification du logement), mais le locataire ayant au passage été déclaré insolvable... il n'a été condamné à rembourser les arriérés de loyer que pour le principe.

La seconde raison pour laquelle il est difficile de se loger en location à l'année est, dans les régions touristiques, le fait que la location saisonnière rapporte plus que la location à l'année.

Vous me demanderez: mais comment font les Espagnols pour se loger ? Eh bien, 85% d'entre eux sont propriétaires, environ 7% sont locataires (malgré tout, et la plupart du temps avec des garanties très solides, de l'employeur ou d'un service social par exemple) et le 8% restant reste chez ses parents jusqu'à avoir les moyens de se payer son propre logement avec, vu les prix actuels, des hypothèques toujours plus longues. Faute de pouvoir se loger, les jeunes quittent leurs parents à 32 ans en moyenne, en Espagne.

Au final, il est donc très difficile de louer à l'année. L'un de mes correspondants accepte parfois de faire des contrats mensuels renouvelables, sans limitation de durée du renouvellement tant que tout se passe bien.

Qu'elles sont les villes les plus agréables à vivre que vous conseilleriez à un futur retraité qui prépare sa venue en Espagne ?
C'est une question de goût: le long de la côte méditerranéenne, en partant de la frontière française, le paysage est verdoyant jusqu'à la hauteur de Benidorm (la cité des gratte-ciels) puis désertique plus au sud, quoique parfois irrigué et cultivé. Beaucoup de nos clients qui n'aiment pas les fortes chaleurs et les encombrements de juillet-août gardent un pied-à-terre dans leur pays d'origine et y passent ces deux mois.

Mais il y a des centaines d'autres destinations possibles: vous aimez la verdure et une relative fraîcheur, vous trouverez tout cela dans les Asturies. Vous aimez la montagne et une vie proche de la nature et de l'Espagne d'autrefois: vous aimerez probablement les Alpujarras (flanc sud du Mulhacen, province de Grenade). Vous voulez cultiver des cerisiers dans une région isolée mais économiquement riche et à fort consensus social: la vallée du Jerte (au nord de l'Estrémadure) vous tend les bras. Et il y a les îles: Canaries, Baléares.

C'est aussi une question de langue: si vous ne parlez que modérément l'espagnol et n'êtes pas doué pour les langues, vous préférerez sans doute vous installer dans une région où vous rencontrerez des francophones: Catalogne (région assez ventue en hiver) puis en descendant le long de la côte à peu près jusqu'à la province de Murcie.
Personnellement, j'ai un petit faible pour les villes de Valence et d'Alicante.

L'ambiance à vivre du pays a -t"elle changé ces 15 dernières années, la vie espagnole est elle toujours aussi captivante le jour comme la nuite ?
Le progrès économique fulgurant des vingt dernières années a engendré un individualisme plus affirmé qu'autrefois. Mais fondamentalement, celui qui cherche ici la "fiesta" la trouvera, sans aucune difficulté, comme avant.

Un conseil pour ceux qui viennent s'y installer ?
C'est une décision qui ne se prend pas sur un coup de tête. Commencez par passer des vacances, aussi hors saison, dans la région de votre choix. N'oubliez pas que l'Espagnol, s'il est très accueillant dans la rue, ne vous ouvrira pas facilement sa porte, et que votre vie sociale dépendra aussi des autres immigrés déjà installés. Et s'agissant de l'achat d'un bien, si vous avez le moindre doute quand à la moralité de votre interlocuteur, écoutez votre instinct et fuyez. Sur ce sujet, je recommande la lecture de
http://www.blancasa.com/justi1.htm .

Un bon restaurant dans votre ville ?
A Madrid ? ce n'est pas ce qui manque. Mais je vais vous donner un truc de connaisseur, et pas dans les guides: d'octobre à mai, le mercredi à "midi" et le dimanche à "midi" (c'est-à-dire dès 14 heures), vous pouvez goûter le meilleur "Cocido madrileño" (une potée madrilène) chez
TABERNA BLANCO, c/ Tabernillas 23, 28005 Madrid. Tél.: 91 366 48 42; il est prudent de réserver.

Cette taverne peut faire peur au touriste de passage par son aspect qui n'a rien de mondain (ses prix non plus), mais c'est une excellente adresse, où viennent manger le cocido aussi bien des ouvriers du bâtiment que des hommes d'affaire en complet-cravatte. Et la patronne parle français. J'imagine que le patron aussi d'ailleurs, mais comme beaucoup d'Espagnols, il a peur de mal le parler, alors, il fait comme si il ne le parlait pas... La taverne est proche du Marché de la Cebada, et pas très éloignée de la Porte de Tolède, de la Plaza Mayor ou du Palais d'Orient, tous points de passage obligés pour le visiteur qui découvre Madrid.

Pour vous contacter, un nom et un tel ?
Jacques Gaillard, tél. + 34 91 221 95 61 ou (portable) + 34 639 647 665. Je suis peu disponible le dimanche et le jeudi matin.

Peux être un site web, un email ?
Le site web:
http://www.blancasa.com/infofr.htm (il renvoie à mon site immobilier http://www.insim.net/fcais.htm dont l'adresse va changer en raison d'une défaillance de mon registraire; je préfère donc donner cette adresse-là, qui sera maintenue).
Adresse e-mail:
insert@insim.net